
Comment cartographier son flux d’activité
Comprendre où le temps s’écoule… et pourquoi.
La plupart des équipes Agile de développement logiciel disposent d’un tableau Scrum ou Kanban avec des colonnes du type A faire, En Cours, Revue de Code, Tests, Terminé.
Ces étapes donnent une impression de clarté et de simplicité du processus. Pourtant, elles masquent souvent une réalité douloureuse : la majorité du temps de traversée d’une demande n’est pas du temps de travail, mais du temps d’attente et ça il est impossible de le voir avec ce type de flux.
Pour comprendre et améliorer réellement la performance d’une équipe, une distinction est indispensable : Identifier les étapes actives ET étapes d’attente de votre Flux d’Activité.
Qu’est-ce qu’un Flux d’Activité ?
Le Flux d’Activité correspond au parcours d’une demande — user story, bug ou tâche — depuis sa création jusqu’à sa livraison.
Il représente votre processus réel d’activité, tel qu’il se déroule au quotidien, indépendamment du cadre méthodologique utilisé (Scrum, Kanban, SAFe…).
Cartographier ce flux fidèlement est un pré-requis à toute démarche d’amélioration continue.
Étapes actives et étapes d’attente
Toutes les étapes d’un flux d’activité n’ont pas la même nature.
Étapes actives
Une étape est dite active lorsqu’un membre de l’équipe travaille effectivement sur la demande.
Exemples :
- développement en cours
- revue de code réalisée
- tests exécutés
- documentation produite
Le temps passé dans ces étapes correspond à du travail effectif.
Étapes d’attente
Une étape d’attente correspond à une demande prête, mais non prise en charge.
Personne ne travaille dessus : elle attend dans une file qu’un membre de l’équipe soit disponible pour le prendre en charge.
Exemples :
- Prêt pour développement
- Prêt pour revue de code
- Prêt pour test
- Prêt pour déploiement
Ces étapes ne sont pas des anomalies. Elles représentent les files d’attente naturelles entre deux phases de travail.
Pourquoi cette distinction est essentielle
Sans cette distinction, il est impossible de mesurer correctement l’efficience du flux d’activité :

Cela signifie que le principal levier d’amélioration n’est pas de “travailler plus vite”, mais de réduire les temps d’attente invisibles.

Le piège du Flux d’Activité « trop simple »
Souvent je suis confronté à des administrateurs Jira qui imposent un modèle de flux d’activité (workflow) ne comportant généralement pas d’étape d’attente. Mais à vouloir trop simplifier un workflow on en viens à masquer la réalité du travail de terrain.
Un tableau affichant 10 tickets “En Revue” peut donner l’illusion d’une activité intense, alors que la majorité attend simplement qu’un membre de l’équipe soit disponible.
Un workflow efficace n’est pas celui qui a le moins de statuts, mais celui qui reflète fidèlement le flux réel afin de :
- rendre visibles les goulots d’étranglement,
- produire des métriques fiables,
- guider l’amélioration continue.
Comment identifier vos étapes ?
1 – Identifiez toutes les étapes de votre activité, sans vous préoccupez de leur nombre. Ce qui compte et de représenter la réalité de votre flux d’activité, pas un fantasme du flux idéal ou imposé par une bureaucratie loin du terrain ;
Exemple : A Faire – Analyse – Développement – Revue de Code – Test – Déploiement – Terminé.
2 – Définir les étapes d’attente permettant d’identifier les tickets en attente de prise en charge dans une étape active.
Exemple : A Faire – Analyse – Prêt pour Développement – Développement – Développement Terminé – Revue de Code – Prêt pour Test – Test – Test Terminé – Déploiement – Terminé.
3 – Définir les limites sur chaque étape du flux d’activité, afin d’adapter l’encours à la capacité à faire de l’équipe.
Exemple : A Faire – Analyse (2) – Prêt pour Développement (4) – Développement (3) – Développement Terminé (3) – Revue de Code (2) – Prêt pour Test (3) – Test (1) – Test Terminé – Déploiement – Terminé.
En conclusion
Cartographier son flux d’activité en distinguant clairement étapes actives et étapes d’attente est un levier simple, mais puissant.
Il permet de comprendre où le temps se perd réellement et d’agir là où l’impact est le plus fort.
Avant de chercher à accélérer le travail des équipes, posez-vous une question simple : où vos demandes passent-elles le plus de temps à attendre ?
C’est souvent là que se cache votre principal potentiel d’amélioration.



